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Excès des riz, chute de son prix et inquiétudes des agriculteurs

Après avoir subit une inflation des prix du riz l'an dernier, le prix du riz chute et les agriculteurs font face à une crise sans précédent.

L’an dernier, suite à une canicule historique, une reprise de la consommation post-pandémique et des craintes sismiques, les prix du riz avait significativement augmenté.

Le gouvernement avait donc puiser dans ses stocks d’urgence pour apaiser la population. Aujourd’hui, la situation s’est inversée : le pays fait face à un excès de riz sur la marché. Si cette abondance soulage les consommateurs dont les prix ont chuté de plus de 30 % depuis janvier (passant de 4 400 ¥ à environ 2 934 ¥ pour 5 kg), elle met en péril la survie économique des producteurs.

En effet, le nombre d’agriculteurs ayant déjà chuté de plus de moitié depuis 2000 (tombant sous la barre du million, avec une moyenne d’âge très élevée plus de 65 ans). Les exploitants font face à une crise sans précédent: coûts du matériel en hausse, pluies records et effondrement des prix de vente.

La crise actuelle est en partie attribuée à une gestion jugée excessive des stocks l’an passé. L’ancien ministre de l’Agriculture, Shinjiro Koizumi, avait libéré 590 000 tonnes de riz (soit un mois d’approvisionnement) pour faire baisser les prix, une décision que les producteurs estiment aujourd’hui disproportionnée. De plus, la récolte de l’année dernière a dépassé la demande, les prévisions officielles n’ayant pas su anticiper l’ampleur de la baisse de la consommation provoquée par la hausse des prix, l’évolution des habitudes alimentaires et le vieillissement de la population. Le prix d’un sac de riz de 5 kg dans les supermarchés est tombé à environ 2 934 yens (18,70 dollars) au 20 septembre, son plus bas niveau depuis plus de deux ans, selon le ministère de l’Agriculture. Il avait atteint un pic de plus de 4 400 yens en Janvier. Ainsi, les coopératives agricoles versent aujourd’hui aux producteurs moins de 15 000 ¥ pour 60 kg de riz non transformé, contre 30 000 ¥ l’année précédente.

Face à cette crise, les gros agriculteurs tente d’apporter de la valeur ajoutée à leur récolte en cultivant du riz biologique, en le transformant et en conditionnant eux-même le produit final. Mais les petits agriculteurs n’ont pas les moyens de transformer et de conditionner eux-mêmes leur riz et sont donc contraints d’accepter les prix que leur propose la coopérative.

Le gouvernement tente de stabiliser le marché en annonçant le rachat de 210 000 tonnes de riz pour reconstituer ses stocks et en réformant ses lois pour obtenir des données en temps réel sur les inventaires. Cependant, les experts, tels que Kimio Inagaki de l’institut Mitsubishi, préviennent que les prix continueront probablement de baisser l’année prochaine en raison de l’ampleur de la surproduction.

Alors que certains professeurs d’économie agricole suggèrent des subventions ou un prix plancher (soutenu par les agriculteurs à hauteur de 20 000 ¥ les 60 kg) pour sauver le secteur, la viabilité politique de telles mesures reste incertaine.